Le REP François Villon à Angoulême…

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Deux représentants du REP, Madame Weissler et Monsieur Lacroix, ont été conviés à se rendre à la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'image. Celle-ci organisait en effet la seconde édition des Rencontres Nationales de la Bande Dessinée. Cette manifestation visait à re-situer les enjeux de la bande dessinée dans le contexte de l'école. Étaient présents, des acteurs de la chaine éditoriale, des chercheurs, des Grands Témoins, l'État, l'Éducation Nationale.

Nous avons particulièrement retenu pour vous :
https://youtu.be/fBDjYoB6JYA (Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité, explique le choix d’un colloque national sur la BD)

La captation vidéo
https://www.youtube.com/watch?v=rBhDL64vYLA (intervention de Mme Weissler à la 58e minute)
https://www.youtube.com/watch?v=ds8Mwf32Fw8 (interventions de Mme Nyssen à 1h58, M. Blanquer 2h13)
https://www.youtube.com/watch?v=RqhL1kchPv0 (intervention de Mme Raux à 1h03)
https://www.youtube.com/watch?v=QA_iHya7YSg (intervention de Mme Desplechin à la 15e minute)

Quelques grandes idées

→ Mme Nyssen :
• la culture est au cœur des enseignements et l’école est au cœur du combat pour l’accès à la culture pour tous ; les points forts sont : l’universalité (tous les enfants doivent être concernés), la durabilité (avec des RDV régulier sur des temps longs), la diversité ; la mise en œuvre de ce PEAC a déjà commencé (passeport culturel pour les + de 18 ans –en prolongement de ce que fait l’école-), la rentrée en musique (comme symbole), le séminaire « BD et éducation » (pour ne pas se limiter aux « classiques de la culture »… ; les moyens pour les actions culturelles sont en forte hausse et veulent soutenir les initiatives visant à développer la pratique artistique et le goût de lire ; pour y parvenir, le recours aux partenariats locaux sera privilégié avec le plus de pragmatisme possible ; toutes les nouvelles conventions DAAC-DRAAC-Académies devront explicitement prendre en compte les publics « éloignés de la culture » ; dans le même sens des formations à la transmission artistique seront mises en place pour les enseignants ;

→ M. Blanquer :
• la musique et la lecture sont en première ligne de l’action voulue par le ministère mais ne la bornent pas ; la BD est vécue comme support de lecture et comme moyen d’accéder à une meilleure culture générale ; les missions premières de l’école sont affichées comme suit : lire, écrire, compter, respecter autrui ; pour y parvenir, en lien avec le ministère de la culture, on veillera très spécifiquement à développer la transmission artistique et culturelle ; il s’agira ainsi de développer la pratique musicale dans le 1er et dans le 2nd degré, de soutenir les initiatives liées au développement des pratiques de lecture, d’encourager les rencontres entre élèves et auteurs, les lectures intergénérationnelles à voix haute, le recours à « lire c’est faire lire » ; dans tous ces gestes, la Cité Internationale de laBande Dessinée et de l’Image sera un partenaire et un centre ressource incontournable ;

→ L’artification :
• à la Renaissance, le dessin/la peinture passent des arts mécaniques à l’art libéral ; ce mouvement se poursuit au siècle des lumières ; cette forme de reconnaissance ne constitue pas une « légitimation » au sens de Bourdieu ; celle-ci serait en effet linéaire alors qu’en fait de dessin (et bientôt de BD) il s’est agit d’un véritable « saut » vers une meilleure reconnaissance ; cette reconnaissance a été marchande puis institutionnelle ; plus récemment, le dessin s’est enrichi d’une nouvelle « branche », celle de la « littérature graphique » (dans les années 60) et de nouveaux gestes techniques (cf. l’oeuvre de Bilal ou de Druillet) ;
• l’artification se limite en général aux œuvres destinées aux adultes (sauf pour quelques grands anciens –Hergé…--- ; elle a entraîné une inversion des analyse de Walter Benjamin où la multiplicité des reproductions met l’unicité d’un original en exergue et ne la détruit pas ; nonobstant, l’artification s’accompagne d’une plus grande concurrence entre artiste, du développement d’un véritable marché et donc d’une précarisation pour un certain nombre d’acteurs du domaine.

→ La BD à l’école :
• dès ses débuts, la BD est décriée lorsqu’il s’agit de l’utiliser dans l’enseignement ; elle « amuse mais n’élève pas » ; la Loi du 16 juillet 1949 instaure un contrôle de sa moralité (même s’il s’agit sans dout plus d’une mesure protectionniste qu’autre chose) ;
• les premières apparitions « officielles » de la BD remontent à 1996 pour le collège et à 2001 pour le lycée (« lecture d’image ») puis à 2002 pour les cycles 2 et 3 ; la réforme des programmes de 2008 a marqué un fort recul, sauf à retrouver la BD en filigrane dans les arts plastiques et en HDA (mais pas en lettre) ; la BD réapparaît dans les IO de 2016 en cycle 3 dans le corpus littéraire mais plutôt comme support que comme œuvre intégrale ;
•le lectorat baisse avec l’âge ; une enquête IPSOS de 2016 montre que le temps de lecture quotidienne de 30 minute passe de 37% au primaire à 27% au collège et à 19% au lycée ; les causes sont sans doute à rechercher dans le manque de temps et dans la multiplicité des offres de loisir ; 62% des 15-17 ans disent que « la BD c’est pour les petits »