En ce moment, pour les enfants précoces…

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Compte-rendu du stage
Élève intellectuellement précoce (EIP)

Mercredi 5 Décembre 2018 – Lycée Raspail


Les besoins éducatifs particuliers

L’élève à haut potentiel est un élève qui fait partie des élèves à besoins éducatifs particuliers.

La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école de 2005 prévoit des aménagements appropriés au profit des élèves intellectuellement précoces afin de développer pleinement leurs potentialités. La scolarité peut être accélérée en fonction du rythme d’apprentissage de l’élève.

Un fonctionnement cognitif spécifique

L’élève intellectuellement précoce est souvent décrit comme un enfant insolent, ayant des difficultés avec le passage à l’écrit, élève qui s’ennuie et peu concentré en classe.

Le taux d’angoisse et d’anxiété est deux fois plus important que celui des enfants de leur âge en raison d’une lucidité dans le questionnement.

La cellule académique EIP de Paris a mis en ligne ce tableau de repérage, pour aider les enseignants à repérer des élèves intellectuellement précoces dans leurs classes.
https://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-12/tableau_de_reperage_des_enfants_intellectuellement_precoces.pdf

Il existe 6 profils d’EIP
https://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2017-11/eip_6_profils.pdf

  • l’élève qui réussit bien
  • l’élève provocateur (élève qui va nous pousser à mettre en place un PPRE)
  • l’élève effacé (souvent chez les filles, élève inhibé, qui ne veut pas déranger)
  • l’élève à risque (élève en colère, dans l’opposition et la confrontation)
  • l’élève doublement exceptionnel : haut potentiel avec un trouble spécifique des apprentissages.
  • l’élève autonome (peut arriver dans le décrochage scolaire s’il s’ennuie trop)

Un EIP est un élève pour qui le bilan psychologique complet révèle un quotient intellectuel en dehors de la norme (>130) : 2,3% de la population donc environ un par classe.

Il peut y avoir un décalage entre le développement intellectuel et le développement moteur et affectif.

ll devrait y avoir autant de filles que de garçons mais on identifie davantage les garçons car les filles se sur-adaptent. Mais bien souvent, elles craquent en 2e partie de scolarité, ce qui peut les amener à la déscolarisation.

Les EIP se caractérisent par un fonctionnement cérébral différent :

  • une pensée en arborescence
  • une pensée fulgurante

Leur sommeil paradoxal est plus intense, ce qui leur permet d’avoir une mémoire de travail plus efficace.

Comment répondre aux besoins spécifiques

Le fonctionnement des EIP peut entrainer des particularités :

  • difficultés de mémorisation
  • difficultés d’organisation
  • mécanisme attentionnel particulier
  • différence de gestion de l’implicite
  • très dépendant du contexte affectif (ils marchent à l’affect)
  • difficultés de comportement
  • difficultés de socialisation
  • difficultés à écrire (la main ne va pas aussi vite que ce qu’ils ont dans la tête)
  • mauvaise gestion du temps et de l’espace
  • comorbidité : troubles spécifiques des apprentissages associés.

Il est important de répondre à leurs besoins spécifiques car des troubles peuvent se développer (TOC, troubles du comportement alimentaire, du sommeil, perte de confiance en soi, état suicidaire …)

Pour répondre à leurs besoins spécifiques, il faut que l’équipe éducative reconnaisse leur différence en offrant un cadre rassurant et bienveillant. Il est important de développer la coopération, le travail en petits groupes pour favoriser le conflit socio - cognitif. Il faudrait pouvoir respecter leur rythme d’apprentissage, en décalage par rapport aux enfants de leur âge, et s’appuyer sur leurs centres d’intérêt si possible.

Les EIP sont hypersensibles ce qui peut s’exprimer par des colères, des pleurs, des crises d’angoisse, l’isolement ou l’inhibition intellectuelle. Pour contourner cette hypersensibilité, il est important de les valoriser, de les rassurer, de mettre en place un cadre bienveillant. La suspension du système de notation peut également être une solution.

On peut demander aux EIP de réaliser une carte heuristique (carte mentale) pour résumer une leçon car elle reprend leur fonctionnement en arborescence et permet de limiter la production d’écrit.

Pour favoriser la capacité d’attention des EIP, on peut :

  • les autoriser à manipuler un objet comme un "fidget cube" ou une balle anti-stress
  • avoir un carnet de croquis
  • décloisonner avec un alignement des emplois du temps
  • placer les EIP près de l’adulte
  • mise en place d’un tuteur dans l’établissement

Pour permettre aux EIP de mieux gérer leur comportement, on peut :

  • favoriser l’autonomie : éviter la répétition et réduire le nombre des exercices pour en donner des plus complexes. On peut leur fournir un cahier d’autonomie (exemple de cahier d’autonomie dans la revue Le monde de l’intelligence)
  • mettre en place d’un contrat de réussite : sorte de fiche de suivi mais sur laquelle on n’évalue que le positif. On identifie 2 ou 3 objectifs (travail, comportement en cours ou gestion du matériel) et on évalue à chaque fois seulement ce qui est réussi pour éviter d’être dans une spirale négative. Il est important d’être dans le renforcement positif.

Conclusion
Tout ce qui est mis en place dans nos cours pour les élèves à haut potentiel est aussi profitable pour l’ensemble des élèves. On ne met donc pas en place des pistes pour un seul élève mais pour l’ensemble de la classe.

Pour aller plus loin : notre dossier thématique sur les perturbations en classe