Du projet à la mise en œuvre

Petits rappels historiques

L’architecte
Germain GRANGE (1897-1975) : École des Beaux-arts de Paris, Premier second grand prix de Rome 1929.

Autres réalisations : hôpital de Vienne Lycées à Savigny s/ Orge et Montgeron HLM à Paris, Boulogne-B et Montgeron Stade, gymnase & piscine Porte de Clichy.

1955, un projet pour…

  • un lycée de jeunes filles de 1 500 élèves
  • un lycée de garçons de 1 500 élèves
  • pour 1 500 externes et 1 500 ½ pension
  • Classes de 6e et 5e : 600 F + 600 G
  • Classes de 4e et 3e : 400 F + 400 G
  • Classes de 2e, 1e et T : 500 F + 500 G

Différentes phases de construction

  1. 1959 : bâtiment D (actuel collège, prévu pour être le lycée de jeunes filles) et bâtiment F (cuisine et réfectoires provisoires, cuisine et réfectoires actuels ouverts à la rentrée 65)
  2. 1960-61 : bâtiment C (classes spécialisées et bureaux, communs aux deux entités)
  3. 1962-63 : bâtiment G (infirmerie, médecin & logements) et bâtiment E (gymnase filles, près du D)
  4. 1966-68 : bâtiment B (actuel lycée, prévu pour être le lycée de garçons) – construction décidée le 29/7/1965
  5. 1975 : bâtiment A (gymnase garçons, près du B)

L’évolution statutaire

  • 1959-1963 : annexe du lycée Buffon (15ème)
  • 1964 : lycée d’Etat (de la 6ème à la terminale)
  • 1978 : création du collège (réforme Haby)
  • 1986 : le lycée et le collège deviennent EPLE (Établissements publics locaux d’enseignement)

Les différents noms

  • 1959-1963 : annexe de la Porte de Vanves
  • 1964 : lycée de la Porte de Vanves
  • 1966 : lycée François Villon (Choix du CA confirmé par arrêté ministériel du 26 janvier 1966). À noter cependant quelques divergences de vue avec la municipalité de l’époque qui aurait souhaité le nom de Maurice Noguès.

Une mixité non préméditée
Le contexte de 1959 est celui d’une différenciation nette entre lycées de garçons et lycées de filles. La mixité ne sera généralisée dans les lycées que 10 ans plus tard. À Villon, la mixité est due à des raisons pratiques :

  • Buffon est un lycée de garçons alors qu’il y a une forte demande locale de scolarisation de jeunes filles ;
  • le 1er bâtiment ouvert étant destiné à des jeunes filles, l’accueil des garçons est alors vécu comme provisoire ;
  • le bâtiment destiné aux garçons n’a ouvert qu’en 1968, le gymnase attenant en 1975. La mixité était acquise.

De grosses variations d’effectifs
Une croissance extrêmement rapide la 1° décennie.
De 750 élèves en 1960 à 2639 en 1970 (qui constitue le pic de population de l’établissement), puis une décroissance régulière : 1935 en 1980, 1557 en 1990, 1063 en 2000, pour une population de 950 aujourd’hui en 2010.

Dans un compte-rendu du conseil d’administration du 22 novembre 1973, la « directrice » de l’époque constatait déjà une baisse d’effectifs suite à l’ouverture de nouveaux lycées dans la banlieue, et faisait remarquer que les élèves provenaient essentiellement du 14° arrondissement et des quartiers limitrophes, et pointait aussi dans ce nouveau secteur de recrutement plus de situations de familles en difficulté. Cette baisse des effectifs au cours des ans a, à mes yeux, trois causes essentielles :

1. L’enclavement postérieur à sa création :

  • 1971 : création de l’académie de Versailles dont relève notre voisine Malakoff, ce qui le coupe de sa base naturelle de recrutement, coupure matérialisée par la construction du périphérique.
  • le découpage de Paris en districts scolaires nous prive d’une part de la population du 15ème voisin.

2. Le déclin démographique du 14ème dont la population est passée de 181 414 habitants en 1954 à 134 370 en 2006.

3. Sa position géographique coincé entre les boulevards périphérique et des maréchaux qui renforce son image négative et enferme l’établissement dans un cercle vicieux. Les établissements du centre de Paris jouent le rôle d’une pompe, mais derrière nous il y a la barrière symbolique et physique du boulevard périphérique.