[ ]

Accueil > Pour enseigner > Comment enrichir le lexique ?

Comment enrichir le lexique ?

[sommaire]

Principes théoriques

Il convient de distinguer les termes de lexique et vocabulaire : le lexique est l’ensemble des mots constitutifs d’une langue ; le vocabulaire est l’ensemble des mots utilisés par une personne. Cependant, le langage courant ne distingue pas les deux termes.

Le processus d’acquisition d’un mot nouveau comporte trois étapes :

  • contextualisation : (rencontrer ce mot en contexte)
  • décontextualisation (le sortir du contexte pour opérer un regard particulier sur lui)
  • recontextualisation (le retrouver ou le réutiliser dans de nouveaux contextes).

Les mots renvoient à des concepts. Identifier des mots en contexte est donc lié à une activité de compréhension de concepts. Par exemple, les termes “aire” ou “périmètre” ne constituent pas un obstacle de décodage en eux-mêmes. En revanche, le concept qui est associé à ces mots est souvent difficile à construire chez les élèves. Cette acquisition nécessite un travail spécifique qui doit être conduit régulièrement et par petites touches.

Les deux procédures suivantes sont essentielles et doivent être travaillées selon une progression spiralaire :

  • Lire (et son corollaire comprendre ce qu’on lit) permet d’acquérir du vocabulaire.
  • Accroître son vocabulaire, selon différentes approches, permet de lire et de mieux comprendre ce qu’on lit.
    ++++

Préconisations

  • Donner la priorité aux verbes
    • Le travail de vocabulaire doit être centré sur le verbe parce que c’est lui qui structure la phrase et qui permet d’étudier les noms dans des contextes et non dans de simples listes.
  • Rencontrer des mots en contexte.
    • Cela permet d’en acquérir plus facilement le sens qu’isolément : le mot dans son contexte est plus aisément compréhensible.
    • Cela permet d’acquérir la diversité de ses sens : le mot dans son contexte apparaît dans des sens différents : les bras du fauteuil, se servir d’un diamant pour poser une vitre, être le mouton noir dans un groupe, etc.
    • Cela permet d’en accroître la compréhension et l’utilisation. Acquérir du vocabulaire est favorisé par un travail spécifique sur les mots et leur environnement.
  • Catégoriser
    • Catégoriser, c’est travailler par comparaison, distinguer les ressemblances et les différences entre des éléments proposés. C’est réunir un certain nombre d’éléments que l’on classe ensemble en fonction de critères que l’on se donne précisément. La catégorisation est donc l’opération qui permet de réunir des termes, des réalités, des idées que l’on estime aller ensemble (Cf. Jérôme Bruner, Britt-Mari Barth, Goigoux et Cèbe)
    • Quand on travaille la compréhension en lecture, l’habitude de “catégoriser” fait que l’on réunit inconsciemment des éléments pouvant aller ensemble. ex : cochon, poule, vache relèvent de la catégorie d’un univers de référence : celui de la ferme. Si je joins le mot “tigre”, le monde de référence ne peut plus être la ferme. Cette opération de discrimination est fondamentale dans toutes les disciplines.
    • Dans les plus petites classes, utiliser catego
  • Être exemplaire
    • Développer chez les élèves, grâce à l’exemplarité du langage du professeur, l’utilisation d’une expression sans approximations et de phrases correctement construites pour modéliser leurs apprentissages langagiers.
  • Varier (et multiplier) les contextes
    • Développer la fréquence de rencontre des mêmes mots dans différents contextes en augmentant la quantité de textes lus et les situations d’échange oral. Les mots s’apprennent dès qu’ils entrent en réseau de sens.
    • Développer la fréquence d’utilisation des mots dans des contextes différents : variété du sens et variété de la syntaxe : jouer un rôle/jouer à la balle/jouer de ses sentiments ; échanger (communiquer) / échanger des objets. Cette démarche se travaille tant à l’écrit qu’à l’oral. Il s’agit, pour l’élève, de passer d’un lexique passif (je comprends les mots que je lis ou que j’entends) à un lexique actif (j’utilise automatiquement ces mots dans ce que je dis ou ce que j’écris).
  • Former, transformer des mots
    • Proposer un travail sur la formation des mots par repérage des suffixes ou préfixes ou sur la composition des mots :
      • terre/déterrer/territoire/territorial, avec la constante orthographique
        des deux “r” ;
      • géo-graphie, grapho-logie ;
      • hyper-tension, hypo-tension.
  • Travailler l’étymologie
    • Proposer un travail sur les familles de mots, leur étymologie, leur histoire, démarche qui permet une forme de catégorisation particulière (domaines sémantique, historique) : origine de démocratie, biologie (biologiste, biologique) ; le terme “piété” a la même étymologie que “pitié” avec un sens savant d’une part, populaire de l’autre.

Documents joints