Comment améliorer la reconnaissance des mots ?

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 Principes théoriques

La reconnaissance des mots est fondée sur une alternance entre la décomposition syllabique et la reconnaissance globale du mot, des mots, d’un segment de phrase et progressivement du texte. Il va de soi que cette reconnaissance des mots n’est pas une fin en soi, mais qu’elle vise la compréhension du document. L’intégration du rapport graphie-phonie (correspondance entre des formes écrites et le son entendu) conditionne
pour chaque élève cette reconnaissance et doit viser une stabilisation qui se mue progressivement en automatisme.

L’automatisation de la reconnaissance des mots ne dépend pas de la lecture à voix haute, mais cette lecture est un moyen, pour le professeur, de contrôler cette automatisation. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’une lecture à voix haute aisée résulte d’une pratique répétée, mais que celle-ci n’est pas toutefois la garantie de la bonne compréhension d’un texte.

 Préconisations

  • S’assurer de la compréhension du principe de correspondance graphie–phonie, en travaillant de façon multiple ce principe : par exemple le travail sur toutes les graphies possibles d’un même son et les manipulations adéquates (concrétisation du son dans un grand nombre de mots).
  • Multiplier les exercices articulant la mémoire auditive et la mémoire orthographique en développant le plus rapidement possible la mémoire orthographique des mots. Y associer le “lexique mental” que l’élève possède déjà et qu’il accroît progressivement.
  • Travailler la vitesse de reconnaissance des mots.
  • Développer simultanément la reconnaissance écrite de mots connus appartenant déjà au lexique interne de l’élève (adressage ou voie directe) et l’acquisition de mots nouveaux par la capacité à transformer des sons en graphèmes (assemblage ou voie indirecte), les deux procédures interagissant l’une sur l’autre.

 Exemples

Quelques exemples de situations d’apprentissage, présentées ci-dessous, sont à poursuivre jusqu’à l’automatisation du plus grand nombre de mots possible et cela, quel que soit le niveau d’enseignement, de la grande section maternelle jusqu’à la classe de 5e et même au-delà si nécessaire, dans le cadre de remédiations. Les temps forts de cet apprentissage se situent au cycle 2.

  • Prévoir des moments de lecture à voix haute durant lesquels les élèves s’enregistrent eux-mêmes en comparant leur enregistrement au modèle de lecture qui peut leur être proposé par l’enseignant, afin de juger du bon rapport graphie-phonie ; les élèves peuvent aussi se réguler entre eux.
  • Proposer l’audition d’un certain nombre de termes en donnant à choisir parmi trois ou quatre termes écrits celui qui a été entendu : écoute du mot “valise” avec proposition de termes phoniquement proches (balise/valise/remise/malice).
  • Faire associer le mot écrit et le sens donné (sous forme d’image ou de texte) de diverses façons : faire trouver le mot correspondant à l’image dans un corpus comportant plusieurs mots et plusieurs images) ; faire trouver le mot juste parmi plusieurs mots de graphie proche correspondant à une image (bouche/louche/mouche/couche).
  • Intégrer les mots les plus utilisés dans des textes brefs, à faire lire aux élèves quotidiennement jusqu’à une vitesse de reconnaissance ne permettant aucune hésitation.